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La statue sénoufo.
Les effigies Sénoufo féminines, font partie de la statuaire
sacrée du Poro,
la société initiatique qui a pour mission d’apprendre aux hommes,
au cours de trois cycles de sept ans, à s’intégrer dans la communauté.

La femme est représentée assise sur un siège à quatre pieds-
deux seulement sont sculptés,
les jambes forment les deux pieds avant- type de siège réservé
aux personnages féminins de haute condition sociale.
Son attitude figée, hiératique,
convient à la destination cérémonielle de la statue.
Il s'agit de la représentation d’un avatar de la grande déesse mère,
appelée KATYELEO ou vieille mère.
La lourde poitrine de la déesse mère est le symbole
de la nécessaire continuité de la société des hommes.

Cette statuette féminine est la représentation d'un esprit de la forêt
(appelé mandeo, tugu ou ndeo).
Le buste fait office de couvercle à un récipient lui-même sculpté
sur un tabouret Senoufo à quatre pieds.
Les mains et le torse se fondent dans le volume de l'objet,
comme plongés dans le bol au travers du couvercle.
Une telle statuette constitue l'essentiel du matériel dont dispose
le devin guérisseur (sando).
Elle sert à la fois de réceptacle aux esprits de la forêt sensés
être en relation avec le devin, et leurs donne également un visage.
Utilisée lors des pratiques de divination,
cette statuette était consultée pour résoudre des problèmes personnels
ou communautaires, et pour guérir des maladies.
Une sculpture aussi élaborée était presque exclusivement
réservée à l'usage du devin et à la société secrète à laquelle il appartenait (
le sandogo, qui est une association féminine).


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