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Sculpture du nord de la région kota Image
Gardienne de reliquaire
Cette image veillait sur les reliques de chefs de famille.
Elle était fixée à un réceptacle en écorce contenant
la calotte crânienne,
ainsi que d'autres ossements de chefs de clan ;
elle était chargée de mettre en garde les forces
de l'invisible susceptibles d'amoindrir
le pouvoir surnaturel des reliques.
De tels reliquaires étaient confiés à des chefs de clan
qui les tenaient cachés,
mettant parfois à contribution le pouvoir des reliques au profit du clan.
Lorsque des crises graves touchaient le village
(un village regroupant plusieurs clans),
les chefs rassemblaient leurs reliquaires afin d'effectuer des rites.
Ce culte était connu sous le nom de bwété par les Mahongwé
et leurs voisins, pour qui les gardiens constituaient
les "visages" du bwété.
Chaque image avait son nom, ses pouvoirs spécifiques.
Les Bichiwa pratiquaient une variante du culte des reliques
mais ne confectionnaient pas d'images de gardiens recouvertes de métal.
Ils se sont alliés aux Bashaké avec qui ils fondèrent des villages.
Au XXe siècle, les colonisateurs ont contraint les locuteurs
kota du nord à abandonner le bwété et ses objets rituels.
Ainsi, jusqu'aux années quarante, les sculptures
ont été mises au rebut dans des fosses,
des puits, des mares et des cours d'eau.
Les images gardiennes des locuteurs kota du nord
relèvent donc d'un type régional plutôt que
d'un phénomène circonscrit de manière ethnique.

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