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Au temps des grandes découvertes, ce terme était couramment
employé pour désigner les amulettes des navigateurs portugais (fetico)
avant d'être étendu à tous les objets que les Européens
voyaient en usage chez les habitants des côtes africaines
et qui semblaient avoir un rapport quelconque avec les représentations
et pratiques magiques et culturelles

Le terme a gardé une connotation péjorative en raison
de son histoire: plus particulièrement au 19e siècle,
la science comparée des religions voyait dans
les croyances fétichistes une étape de la pensée humaine
qui avait précédé la religion.

En l'absence d'un concept plus général et plus exact,
le mot fétiche est devenu la désignation par excellence pour
des objets qui, suite à certains actes rituels,
sont investis de puissances à caractère personnel
ou de forces impersonnelles

Un fétiche peut être activé par des dons sacrificiels
et utilisé pour un acte magique ayant pour but de se défendre,
de nuire ou d'avoir des enfants

En Afrique de l'ouest,
le terme de juju sert de synonyme pour fétiche.
Les plus célèbres de ces fétiches sont ceux des Éwé
et des Fon et plus encore les sculptures d'Afrique Centrale
appelées Fétiches à miroir ou Fétiches à clous
dont l'agent propre a son siège dans une saillie
ou dans un creux au niveau du ventre

La plus part des fétiches forment un assemblage
de substances auxquelles on attribue des forces particulières.
Il s'agit souvent de certaines pierres de cornes,
de griffes, de dents, d'os, de cheveux, de peaux animales, etc.
mais aussi de lambeaux de tissus, d'immondices,
de menstrues et d'autres matières de ce type aussi impures qu'efficaces.

Ce petit personnage féminin est certainement la représentation
d'un grand ancêtre du lignage familial.
N'accèdent à ce statut que les individus s'étant distingués de leur vivant
pour leurs mérites et leurs qualités.
Il s'agit parfois de personnalités ayant acquis un haut degré
de distinction dans une société secrète d'initiation.
La statuette elle-même n'a pu être exécutée que par un sculpteur
initié aux rituels les plus avancés de cette société.
Elle peut également être la traduction d'une douleur,
comme dans le cas du mouvement de contrainte ici exprimé.
Elle est porteuse de la force vitale du défunt,
et de la toute puissance du lignage familiale.
Cette statuette avait pour fonction de s'opposer aux sorciers,
ainsi que de rejeter la douleur et les malédictions.
Elle était placée sur l'autel familial des ancêtres protecteurs.
Elle avait également un rôle de réceptacle et permettait
de communiquer avec les esprits invisibles (thil),
ainsi qu'avec les ancêtres du patriclan et du matriclan.
Selon les croyances Lobi,
ce sont les thil (au travers de la divination)
qui commandent aux humains de sculpter l'ancêtre lignager
afin de permettre à ses connaissances de perdurer.
Cette objet nous dévoile alors son sens premier,
celui du sacré, dans la parole vénérée des anciens,
et nous révèle l'émotion de son message silencieux.




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